Le Roi Léopold I

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par Vincent Leroy

Le fondateur de notre dynastie est né le 16 décembre 1790 dans la principauté de Saxe-Cobourg-Gotha où règne à cette époque son grand-père le duc Ernest-Frédéric. Léopold est le fils cadet du duc François qui monte sur le trône de Cobourg en 1800. Le petit prince est nommé par le tsar de Russie capitaine, colonel, puis général du régiment de la garde impériale.

En 1806, le duché de Cobourg rejoint la Confédération du Rhin dirigée par Napoléon. Léopold part à Paris pour défendre et négocier les intérêts de son pays auprès de l’empereur français qui est séduit par ce jeune homme fin diplomate. En 1813, il est le premier prince allemand à abandonner Napoléon pour rejoindre l’armée du tsar de Russie et participer à plusieurs campagnes.

Suite à son mariage d’amour avec la princesse héritière Charlotte d’Angleterre en 1816, Léopold s’installe en Grande-Bretagne et se prépare à son futur rôle de prince consort. Mais Charlotte décède moins d’un an plus tard en accouchant d’un enfant mort-né… Léopold reste en Angleterre où il conserve une certaine influence à la Cour. Il refuse, à deux reprises, la couronne de Grèce.

Léopold accepte en 1831 la proposition du Congrès National de devenir le premier roi des Belges. Il met, pour la première fois, le pied sur le sol de sa nouvelle patrie à La Panne, où un monument rappelle aujourd’hui cette arrivée historique. Sa prestation de serment a lieu le 21 juillet 1831 sur la place Royale à Bruxelles.

Le début de son règne est mouvementé : le roi Guillaume Ier des Pays-Bas refuse d’adhérer au traité des XVIII articles qui est plutôt favorable aux Belges. Le 2 août 1831, une armée hollandaise franchit la frontière, s’empare de Turnhout et Diest, et marche sur Bruxelles. A la demande de Léopold Ier, une armée française entre en Belgique, ce qui provoque le retrait des Hollandais. La Conférence de Londres en octobre 1831 règle définitivement notre sort : le Luxembourg oriental, Maastricht et le Limbourg oriental sont cédés par les Belges, la dette est partagée en deux et un droit de péage est rétabli sur l’entrée des bateaux à destination d’Anvers. Afin de consolider sa position sur le plan international et fonder une dynastie, Léopold Ier épouse à Compiègne en 1832 la princesse Louise-Marie d’Orléans, de vingt-deux ans sa cadette, fille du roi Louis-Philippe des Français. Le nouveau couple s’installe au château de Laeken et a quatre enfants : Louis-Philippe (mort à l’âge d’un an), Léopold, Philippe et Charlotte, future impératrice du Mexique. En 1835, c’est l’aboutissement d’un projet auquel tient beaucoup Léopold Ier : le premier chemin de fer belge est inauguré entre Bruxelles et Malines.

Sur le plan intérieur, son règne est marqué par deux périodes. De 1831 à 1840, l’union des partis catholique et libéral fortifie l’indépendance de la Belgique et rôde ses nouvelles institutions. Léopold Ier est favorable à cette politique unioniste et tente de la conserver le plus longtemps possible. A partir de 1840, la lutte entre les partis oblige désormais le Roi à choisir des gouvernements issus de la majorité parlementaire et à rester neutre sur le plan politique, ce qui ne lui plaisait pas beaucoup. Lors de la révolution française de 1848 qui chasse son beau-père Louis-Philippe de son trône, la Belgique reste calme et réaffirme sa fidélité à Léopold Ier. Suite à l’arrivée au pouvoir de Napoléon III en France, il fait moderniser l’armée belge et augmenter les effectifs. Par ailleurs, Léopold Ier est très proche de sa nièce la reine Victoria d’Angleterre qu’il conseille et à qui il écrit de nombreuses lettres. Le mariage politique de son fils le duc de Brabant (futur Léopold II) avec l’archiduchesse Marie-Henriette de Habsbourg en 1853 nous assure le soutien de l’empire austro-hongrois.

Après plusieurs années de maladie, le roi Léopold Ier décède en 1865 en ayant accompli son devoir : il a veillé pendant plus de trente ans sur la jeune démocratie belge, il a habilement défendu notre indépendance auprès des grandes puissances, et a assuré l’avenir de la dynastie. Il repose dans la crypte de l’église Notre-Dame de Laeken.

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